Label diversité : des résultats sinon rien
Octobre 2004, charte de la diversité. Bilan: 1600 entreprises signataires, des engagements de principes louables, mais insuffisants. Aujourd’hui, le label diversité passe à l’étape supérieure.
Promis fin 2005, le projet est finalement mis en place par l’État. Lancement officiel en juin 2008 pour être synchro avec la présidence française de l’Union européenne. Fini les déclarations de bonnes intentions! Pascal Bernard, vice-président de l’Andrh1: «Quand l’État labellise des entreprises pro-diversité, c’est un gage de crédibilité pour celles-ci.» Une centaine sont déjà sur les rangs pour obtenir le sésame. Parmi elles, PSA Peugeot Citroën. Jean-Luc Vergne, directeur des ressources humaines: «Ce sera la preuve pour les entreprises de leur application optimale de la diversité.» Pour bénéficier du label, les candidats devront montrer patte blanche. D’après Pascal Bernard, «la commission de normalisation du label a fixé six critères». Six règles d’or à respecter: d’abord «sensibiliser ses collaborateurs à l’intérêt de la diversité et intégrer ce thème dans la culture d’entreprise», puis «rendre plus objectifs les processus de recrutement et les évolutions de carrières». Également, «développer la communication interne en matière de diversité et impliquer les syndicats». Enfin, deux commandements inédits, «s’engager sur son territoire d’implantation et mettre en place des systèmes d’évaluation».
Culture de la diversité… et du résultat.
Les candidats à la labellisation seront audités par un organisme de contrôle indépendant. La décision finale reviendra alors à une commission d’attribution interministérielle. L’Andrh, des représentants de syndicats et d’entreprises, ainsi que des personnalités qualifiées y participeront également. «Attention! prévient Pascal Bernard, pas question de brader le label. Ce n’est pas une décoration ad vitam æternam.» La labellisation est délivrée pour trois ans avec, au bout de dix-huit mois, «un contrôle intermédiaire. Cela oblige à faire ce qu’on dit, sinon, on ne l’a plus!» Transversal, le label diversité devrait concerner aussi bien les entreprises publiques, privées, les grands groupes, PME, TPE, que les associations, mairies, lycées (Henri IV est déjà candidat) ou la Police. «Avec un niveau d’exigence adapté à la taille de chacun», conclut Pascal Bernard. Outre l’intérêt citoyen et publicitaire, être labellisé pourrait représenter à moyen terme un allègement de charges. Sans doute la plus efficace des carottes. Mais aussi la plus méritée des récompenses.
Jean-Marie Bagayoko
1. L’État a confié la conception du label à L’Association nationale des directeurs des ressources humaines fin 2005.